Designer des rituels
Retour au bureau, ou volonté de changer le monde, apprenons à construire des rituels !
Aujourd’hui, on parle de rituels.
J’ai toujours eu un rapport ambivalent aux cérémonies, aux rituels, aux schémas sociaux qui s’imposent à nous. Plus jeune, je trouvais ça enfermant, rasoir. Les traditions familiales me paraissaient être des archaïsmes, les obligations sociales des freins à l’élan vital.
Bref, j’étais jeune.
J’étais individualiste et assez méprisant de la réalité (notamment celle qui dit qu’on est une espèce sociale).
Avec le temps, j’ai compris l’importance du collectif, des formes, des structures. Je crois même qu’on peut réfléchir à les créer !

Designer des rituels en 1 min
Pour donner du sens au retour au bureau des employés en remote, il faut réfléchir à l’expérience qu’on leur propose et au sens qui se créé
Pour cela, il est nécessaire de réussir à ritualiser des évènements, afin de créer notamment de la cohésion dans le groupe
La ritualisation est processus qui permet de donner un sens particulier à un évènement lorsqu’il se répète dans le temps, avec une forme particulière et une fixité (pensez à la messe !)
Notre capacité à designer le social sera clé pour développer notre puissance d’agir collective dans la période !
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Designer des rituels en 5 min
Peut-on designer des rituels ? J’ai trouvé ce super article sur le blog de Stripe Partners.
Le sujet est posé dans le cadre du retour au bureau des salariés : la fête du télétravail est finie ! Dans ce contexte, comment faire pour donner du sens et de l’envie ? La luminosité des locaux et l’accès à l’imprimante suffisent rarement. En fait, aborder le sujet en termes de logistique et d’incentive, c’est louper quelques particularités de ce qui fait de Sapiens une espèce super sociale.
Alors comment faire pour que la vie de bureau ne resemble par au microbiote d’un mangeur de fast food sous antibio ? Pour bien poser le problème, ils se sont inspiré du travail de Catherine Bell, une anthropologue spécialiste des religions chinoises et des pratiques rituelles.
Sa thèse est que les rituels ne sont pas une catégorie donnée de comportement, mais plutôt un processus qui va extraire certaines pratiques du flot de la vie quotidienne.
3 caractéristiques sur lesquelles on peut travailler :
1/ La répétition. Tout rituel est répété dans le temps. C’est ce qui créé de la familiarité et du rythme. Cette répétition indique au groupe que l’activité donnée lui appartient et qu’elle a un sens. Cf. la messe du dimanche.
2/La forme. On repère un rituel à sa forme particulière et à sa structure reconnaissable. Il y a des gestes spécifiques, de l’intention et du symbole. Cf. l’eucharistie et les “amen”.
3/ La fixité. La forme change peu dans le temps, elle ancre une continuité qui dépasse les individus. Dans un monde où tout bouge, cela permet de nourrir l’identité de l’organisation. Cf. l’arrêt des messes en latin en… 1965.
Ce que montre Bell, c’est que ces caractéristiques permettent de faire émerger une culture commune. “En agissant de manière structurée, formelle et stable, les individus génèrent le sentiment de sens partagé qui assure la cohésion des groupes.”
Cela peut s’appliquer même aux actions les plus simples. 2 exemples :
La courte réunion de début de journée : organisée tous les jours à 9h (répétition), elle commence par le partage d’un succès et se déroule devant un tableau blanc (forme), au bout de 3 mois, on l’attend avec impatience (fixité).
L’onboarding : chaque nouvel embauché est accueilli devant le bâtiment (répétition), après un échange avec la CEO, il est invité à visiter les différentes équipes, toujours dans le même ordre, qui suit la logique de la production (“la forme signale l’intention”) et après un an, c’est même un argument de marque employeur (fixité).
En conclusion : “Une vie de bureau riche de sens ne se crée pas d’elle-même. Elle se construit grâce à des actions délibérées que les individus apprennent à reconnaître, à reproduire et à préserver. Lorsque les organisations conçoivent leurs espaces comme des lieux de pratiques rituelles, elles rendent la présence utile et la participation attrayante.”
Plus largement, je crois que la question de notre capacité à “designer” les structures et pratiques sociales est clé. Nous vivons dans un monde post-moderne, désenchanté, instable, tout ça, tout ça. Or, c’est le collectif qui nous rend humain et c’est notre capacité à faire ensemble qui nous permettra de traverser les années qui arrivent.
Alors, designons des rituels !

